Voici la réponse de l'association IRCHAD CCMN par l'intérmediaire de son Président Mr ABDOUNI Rachid :
Monsieur le Maire,
Je tiens à vous exprimer mon étonnement et celui des membres de l’association, adhérents
et fidèles, à la lecture de votre courrier.
Nous tenons à clarifier notre position quant à la demande d’un lieu de culte provisoire. Celleci
date du 7 septembre 2011 dans un courrier où nous vous faisions part d’un problème récurrent :
celui des conditions d’accueil de la salle de prière située au 11 allée de l’Arlequin. Nous avions
exprimé notre inquiétude concernant la sécurité des personnes : en effet, les locaux exigus créent
des problèmes de surpopulation et de promiscuité. Nous vous avions, par conséquent, signalé que
nous ne pouvions assumer une quelconque responsabilité alors que les conditions de sécurité
n’étaient pas respectées.
D’autre part, nous avions également évoqué notre avis concernant les prières de rue
contraire aux lois républicaines et contraire à nos valeurs citoyennes. Ainsi, notre demande d’un lieu
provisoire avait pour unique finalité d’assurer la sécurité et l’accueil des adhérents et fidèles dans
des conditions décentes. Malgré une ancienneté de six mois, force est de constater que notre
demande n’a toujours pas abouti, d’autant plus que plusieurs élus du quartier ont été interpellés sur
ce sujet.
Vous soulignez que notre demande a changé : certes, initialement, notre première demande
concernait les vendredis. N’ayant trouvé aucune solution dans l’espace Chevreul ni dans aucun autre
local du quartier, une solution a été envisagée et partagée par vos services et l’association, celle de
l’installation de la structure provisoire. Elle a effectivement évolué face à l’urgence de la situation
devenue critique suite à la constante affluence des fidèles lors des cinq prières quotidiennes. Vous
conviendrez que, dans la logique de la situation, nous avions besoin d’une salle tous les jours de la
semaine.
D’autre part, suite à votre proposition d’installation d’une structure provisoire Allée Fernand
Léger, il nous a semblé évident que notre demande soit modifiée en conséquence, compte tenu du
tarif de location de la tente estimé par vos services techniques à 40 000 euros par an, soit 3 300
euros par mois et ce, d’autant plus que frais de location seront uniquement assuré par les dons des
adhérents et fidèles.D’autre part, suite à votre proposition d’installation d’une structure provisoire Allée Fernand
Léger, il nous a semblé évident que notre demande soit modifiée en conséquence, compte tenu du
tarif de location de la tente estimé par vos services techniques à 40 000 euros par an, soit 3 300
euros par mois et ce, d’autant plus que frais de location seront uniquement assuré par les dons des
adhérents et fidèles.
Vous faites part également dans votre courrier qu’à « la suite d’une erreur de votre
architecte … la construction de la mosquée a été retardée ce qui vous conduit à rechercher un lieu de
culte temporaire…». Permettez-moi de vous rappeler que le retard occasionné est lié à trois raisons :
premièrement, à une erreur technique partagée par vos services et notre première architecte.
Deuxièmement, au financement de la construction lié à l’obligation de construire un deuxième soussol,
ce qui a engendré un surcoût de 600 000 euros. Troisièmement, aux dons puisque nous
dépendons uniquement de la générosité des donateurs : habitants du quartier et d’ailleurs,
adhérents et fidèles. Ainsi, les fonds, qui nous ont permis d’acheter le terrain et de construire, sont
uniquement le fruit et l’investissement de la communauté musulmane de Nanterre soucieuse de
disposer d’un lieu digne et respectueux. Il apparaît donc clairement que le but de notre demande
était de solutionner ces problèmes d’insécurité et de promiscuité et n’était, en aucune manière, liée
au retard de la livraison de la mosquée.
Concernant le lieu provisoire, vous faites mention de deux propositions d’implantation
présentées par Mme Ghislaine QUILIN. Je tiens à rectifier et rétablir les faits. Dans un premier
temps, Mme QUILIN nous avait exposé la solution suivante : celle d’une tente dressée sur le parking
Fernand Léger que nous avions accepté, ayant été pleinement satisfaits de cette solution déjà testée
lors de la prière de l’Aïd en 2010, la Municipalité nous avait alors loué une tente de 400m2. Nous
avions donc informé nos adhérents et fidèles de cette proposition.
Cependant, lors d’une réunion de quartier à l’école Pablo Picasso concernant la sécurité des
habitants, nous avons rencontré des élus municipaux. Ces derniers nous précisaient que la structure
provisoire ne serait plus située Allée Fernand Léger et ceci pour des raisons de « visibilité trop
importante » et de gêne pour les riverains mais face au stade Jean Guimier, derrière les bâtiments à
deux mètres des habitations.
Notre deuxième rencontre avec Mme QUILIN confirmait cette modification. La décision de
changement du lieu a été malheureusement prise sans aucune concertation et nous sommes
aujourd’hui contraints d’accepter ce qui est déplorable sachant que nous nous efforçons d’être dans
une démarche constructive de dialogue et de respect. Ce changement ne pouvait nous convenir
compte tenu des nuisances sonores avec le voisinage. En effet, vous ne pouvez ignorez, M. le Maire,
que nous sommes fidèles au respect du voisinage et profondément attachés aux valeurs prônant le
« mieux vivre ensemble ».
D’autre part, nombre d’habitants de Nanterre connaissent ce lieu pour un être un lieu de
squat. Vous faites référence au site du stade Jean Guimier utilisé par de nombreux sportifs et
scolaires : certes, mais seul le stade est sécurisé, clôturé et surveillé… Ce n’est pas le cas des abords
du stade, c’est-à-dire du terrain situé entre la résidence de l’OPDHLM 92 et le stade, qui est un lieu
occupé par des personnes consommant alcool et stupéfiants !
Ensuite, concernant la première proposition du terrain Fernand Léger, vous faites référence à
deux conditions de faisabilité. Premièrement, au niveau technique, la forte inclinaison engendrerait
des surcoûts selon vos experts. Or, nous avons également procédé à une expertise par une
entreprise privée d’installation de tentes et d’algecos : elle fait mention d’une faible déclivité
(seulement 40 cm) pouvant être aisément compensée par des calages.
En second plan, concernant la nécessité de maintenir l’emplacement des véhicules des
commerçants, nous avons longuement débattu sur ce sujet avec Mme Ghislaine QUILIN et Mr Gilles
SMADJA et mis en évidence qu’il est bien trop éloigné du marché. C’est pourquoi, les véhicules sont
toujours stationnés sur l’avenue Pablo Picasso à proximité de leur stand et donc bien plus accessibles
pour le chargement et déchargement des marchandises. Je vous invite à venir le constater par vousmême
auprès des commerçants les deux matinées du marché, mercredi et samedi.
Puis, vous évoquez l’envoi de SMS par l’association Irchad CCMN, qui auraient été adressés
« uniquement aux élus de la diversité » d’après vos dires. Or, Mme Ghislaine QUILIN, Elu et Maire
Adjointe au culte, Mr Gille SMADJA, Directeur de Cabinet, Mr Aurélien GARY, collaborateur du maire,
ainsi que des responsables syndicaux, en ont également été destinataires, alors que d’autres « élus
de la diversité » ne l’ont pas été. La réalité de nos actions contredit parfaitement vos propos
diffamatoires à notre égard : nous n’envoyons pas nos messages aux élus en fonction de leurs
origines mais tout simplement en fonction de leur responsabilité et leur implication. Je tiens à vous
rappeler que nous avions eu auparavant des discussions et débats sur ce sujet avec ces « élus de la
diversité », lors de nos différentes rencontres notamment aux fêtes de soutien que nous avions
organisé à l’espace Chevreul.
Ainsi, nous n’avons jamais affirmé que les élus de la diversité étaient représentatifs d’une
communauté quelconque. En ma qualité de président et représentant de l’association Irchad CCMN,
j’interpelle les membres du Conseil Municipal et les élus de la République afin d’avoir un dialogue
démocratique. La communauté musulmane fait partie intégrante de la République : les élus ont donc
un devoir de se pencher sur les difficultés qu’elle rencontre. Qu’y a-t’il de choquant à interpeller les
élus de Nanterre à travers des moyens démocratiques, et par là-même, à exprimer la confiance que
nous leur accordons afin que des solutions soient trouvées ? Ne sont-ils pas des moyens que vous
utilisez, Monsieur le Maire, pour interpeller des personnalités politiques sur des sujets qui vous
tiennent à coeur ? Concernant ma position exprimée dans la presse, il est donné à chacun des
citoyens républicains une liberté d’expression. Ma position en désaccord avec celle de la
Municipalité, reste dans le respect des valeurs humaines et républicaines et en aucun cas mes propos
ont été diffamatoires.
S’agissant de la restauration scolaire, notre demande concernait uniquement les maternelles.
Il a été demandé que, seuls les écrits des parents stipulant que leurs enfants ne mangent pas de
viande, doivent être respectés et pris en compte. La réponse de Mme QUILIN est claire : le choix de
l’enfant seul doit être pris en compte.
Vous parlez de deux oppositions : la première concerne un dispositif qui consisterait à établir
des tables d’enfants en fonction de la religion de leurs parents. Pour notre part, nous n’avons jamais
émis un tel souhait. En effet, nous nous sommes toujours positionner contre ce genre de mesure, par
ailleurs illégale, choquante et indigne des valeurs républicaines.Vous parlez de deux oppositions : la première concerne un dispositif qui consisterait à établir
des tables d’enfants en fonction de la religion de leurs parents. Pour notre part, nous n’avons jamais
émis un tel souhait. En effet, nous nous sommes toujours positionner contre ce genre de mesure, par
ailleurs illégale, choquante et indigne des valeurs républicaines.
La deuxième s’axerait autour d’une liste d’enfants qui ne mangeraient pas de viande. Nous
ne souhaitons pas que ces derniers soient stigmatisés. Qu’en est-il de la viande porcine ? Comment
s’organise la restauration pour les enfants qui n’en mangent pas ? Existe-t-il une liste dans ce cas ?
Stigmatise-t-on les enfants qui n’en mangent pas ? Ainsi, à Lyon, Colombes ou encore Rueil-
Malmaison, les parents sont décisionnaires pour leurs enfants, sans que des listes ne soient établies
pour autant
Pour finir, je tiens à rappeler que vous ne mentionnez pas le dernier point de nos
revendications : le droit à tous les parents d’accompagner leurs enfants aux sorties organisées par
les crèches municipales. Je vous informe par ailleurs que notre pétition rassemble aujourd’hui plus
de 1300 signataires.
Lors de votre venue pour la pose de la première pierre, en présence du Préfet ainsi que
d’autres élus de la République de droite comme de gauche, vous avez exprimé votre volonté et celle
de l’équipe municipale à rendre tous les concitoyens heureux et fiers de vivre à Nanterre.
Aujourd’hui, nous avons le sentiment d’être bien loin des préoccupations des élus de notre ville.
L’association Irchad CCMN s’est toujours inscrite dans une démarche constructive de
dialogue et de respect. Nous sommes impliqués dans la vie de quartier afin de mieux vivre ensemble
et nous souhaitons vivement que vous vous inscriviez dans cette même démarche. Nous ne
manquerons pas, comme vous le souhaitez, de porter votre courrier à la connaissance de nos
adhérents ainsi que notre réponse à votre courrier.
En vous remerciant de porter également ce courrier à la connaissance de l’ensemble des
membres du Conseil Municipal, je vous adresse, Monsieur le Maire, mes cordiales salutations.
Président de l’association IRCHAD CCMN
Rachid ABDOUNI
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